Le Béton Cyclopéen ou comment s'inscrire dans le continuum des savoir-faire constructifs à l'aune des problématiques climatiques et environnementales.
Project Idea Metadata
- Project Idea Name: Le Béton Cyclopéen ou comment s'inscrire dans le continuum des savoir-faire constructifs à l'aune des problématiques climatiques et environnementales.
- Date: 4/3/2023 11:50:27 AM
- Administrators:
Project Idea Description
Organisation directrice : Atelier Archiplein sàrl
Membres de l’équipe :
Marlène Leroux, Atelier Archiplein sàrl (GE)
Francis Jacquier, Atelier Archiplein sàrl (GE)
Olivier Dahenne, Arbio sa (VD)
Salvatore Aprea, ACM, EPFL (VD)
Guillaume Habert, Sustainable Construction, ETHZ (ZH)
1 _ Les externalités négatives du recours systématique au béton armé ont déjà largement été dénoncées. En écho à ce constat, notre démarche vise à réactualiser et vulgariser l'emplois du béton cyclopéen pour des constructions ordinaires, qu'il s'agisse d'une cabane ou d'un palais. Nous n'inventons rien ex nihilo. L'histoire de l'architecture en témoigne. Et pourtant, pourquoi ne sommes-nous plus capables de valoriser, à une vaste échelle, les moellons de pierre, déchets principaux des carrières? Pourquoi ne sommes-nous plus capables d'édifier de simples murs porteurs à très bas carbone, sans armatures d'aciers, sans adjuvants, sans chimie ? Pourquoi avons-nous perdu cette habitude, autrefois courante, de réemployer les rebuts d'un édifice à déconstruire au bénéfice d'une nouvelle construction? En résumer, nous proposons d'allier l'étude des savoir-faire du passé avec les exigences et les connaissances contemporaines pour rendre aisée, performant et reproductible le recours à des fondations et des murs en béton cyclopéen.
2_Trouver une piste d'alternative à l'utilisation systématique au béton armé par une mise en œuvre de matériaux naturels et de remplois, à grande échelle, est bénéfique à l'ensemble des protagonistes du cycle de la construction en particulier (inverstisseurs, promoteurs, architectes, ingénieurs civils, entreprises générales…) mais aussi de la société civile en général.
3_Afin de mener à bien ce projet, nous avons constitué une équipe pluridisciplinaire composée tant d'entreprises que d'institutions, toutes représentées nominativement par les experts de leurs domaines. Bien que ce groupement soit inédit à cette candidature, nous avons tous déjà collaboré les uns avec les autres. L'agence d'architecture et d'urbanisme Atelier Archiplein a désormais une solide expérience de construction en pierre massive structurelle dans le contexte Suisse. Marlène Leroux, architecte et titulaire d'une thèse de doctorat EPFL, évolue entre pratique du projet et enseignement (MAS urbanisme EPFL-UNIGE), elle sera la pilote du groupement. Francis Jacquier, architecte EPFL et architecte du patrimoine DSA Chaillot) est directeur des projets en pierre massive structurelle menés à l'agence. Il fera bénéficier au groupement sa connaissance fine de l'ensemble de la filière pierre, de l'excavation aux contraintes normatives Suisse. Afin de bien ancrer notre démarche dans l'actuel industrie du bâtiment en Suisse, Olivier Dahenne, ingénieur de formation et aujourd'hui consultant se joint au projet. Il a été directeur de l’entreprise Marti Construction SA à Genève durant 15 ans et a participé à des projets de constructions et l'infrastructure d'envergures (Métro M2, le Learning Center, le CEVA, la chapelle des Sciers, les Communaux d’Ambilly). Nous avons travaillé ensemble pour la construction des 4 immeubles en pierre massive.
À ce premier pôle d'expertise de l'industrie de la construction s'adjoint un pôle recherche. Guillaume Habert, ingénieur de l'Ecole Normale Supérieure de Paris et titulaire d'une thèse de Doctorat en Géologie Structurelle. Il dirige la chaire Construction Durable à l'ETHZ et mène d'ores et déjà des études d'analyses de cycles de vies pour des édifices en pierre et matériaux de réemplois. Enfin, Salvatore Aprea est architecte et historien, titulaire d'une thèse de Doctorat EPFL. Il dirige les Archives de la Construction Moderne de l'EPFL, enseigne l’histoire de l’architecture moderne et est spécialiste de l'histoire du béton. Son éclairage sera tant sémantique que sur les évolutions des techniques de mises en œuvre de la pierre et des liants au cours du temps.
4_Les impacts positifs sont à envisager sur deux niveaux. Dans un premier temps, la mise en œuvre de pierres cyclopéennes s'inscrit indéniablement dans une démarche environnementale ; un système structurel non-armé fait recours à des matériaux naturels peu modifiés ou à empreinte carbone plus faible que le ciment (pierre, chaux) et valorise également les déchets des carrières d’extractions, voir même les matériaux venant de démolitions destructions. La réduction en émissions de CO2 est d'autant plus vertueuse que cette mise en œuvre permettrait de remplacer des autres à fortes empreinte carbone tel qu’un mur en béton armé, par exemple. Dans un second temps, cette démarche va bien au-delà de la recherche de performance. Il s'agit avant tout d'engager un changement de paradigmes du monde de la construction et plus spécifiquement, de réinvestir la notion du continuum culturel et historique dans lequel nous agissons collectivement.
5_La gravure de Piranesi ci-haute illustrée fait écho aux nombreux vestiges, encore en parfaits états, qui attestent de la pérennité et de la reproductivité du système proposé. Des témoignages plus récents sont à voir dans des expérimentations comme le "béton du déserts" de Frank Llord Wright et dans certains édifices, voir des murs, que l'on aperçoit principalement dans le sud de l'Europe, comme le mur d'un parc public à Barcelone ci-haut illustré. Cependant, ces mises en œuvre plus récentes restent ponctuelles d'une part et, d'autre part, elles utilisent du ciment plutôt que de la chaux comme liant. Notons aussi que les 2 opérations d'immeubles de logements sociaux réalisés à Genève par Archiplein constituent un début de corpus d'études solide. Les expérimentations de murs en pierre cyclopéennes seraient une nouvelle étape dans cette démarche déjà engagée.
6_Pendant le financement, nous tâcherons de travailler sous formes de workshops au sein de notre équipe d'experts. En effet, l'occasion offerte de réfléchir sur un projet commun, est un facteur nécessaire pour des discussions constructives. Le nombre et la modalité de ces workshops seront à discuter par la suite tout comme le produit de ces discussions (articles, programmes d'enseignements, programmes de recherches). Aussi, nous souhaiterions construire une série de prototypes et leurs faire subir une série de tests. Il s'agit finalement d'une mise en œuvre séculaire étudiée par le prisme des exigences et normes actuelles. Pars la suite, il s'agira d'évaluer quelles seront les adaptations nécessaires pour que cette technique s'intègre dans une nouvelle norme de construction.
7_L'une des forces du CBI Booster est la mise en réseaux, principalement d'entreprises et d'institutions, ces deux piliers sont indispensables pour mener à bien la démarche d'industrie circulaire de la construction. Dans le cadre de notre projet, l'idéal serait de rencontrer des investisseurs. Pour eux, il ne s'agirait pas d'investir dans une startup ou un nouveau produit, mais de bâtir, dans les règles de l'art, des ouvrages qui nous survivrons sans nul doute.
Il s'agit d'engager une réflexion prospective et pluridisciplinaire à propos de l'industrie circulaire de la construction en ré envisageant l'emploi du béton cyclopéen dans les constructions contemporaines courantes.